Fauteuil de grand-mère, trouvaille de brocante ou siège hérité : avant de le faire refaire, il est utile de savoir à quel style il appartient. Le style guide le choix de la garniture, du tissu et des finitions. Voici les modèles que l’on rencontre le plus souvent à l’atelier.
Le cabriolet (Louis XV)
Né au XVIIIe siècle, le cabriolet se reconnaît à son dossier concave, incurvé pour épouser le dos, et à ses pieds galbés en forme de « S ». Léger et facile à déplacer, il était destiné à la conversation. Les bois sont souvent moulurés et sculptés de fleurettes ou de coquilles.
Pour la réfection : garniture traditionnelle, assise et dossier en crin piqué. Tissus classiques (damas, toile de Jouy) ou unis contemporains.
Le fauteuil médaillon (Louis XVI)
Sous Louis XVI, les lignes se redressent. Le fauteuil médaillon tire son nom de son dossier ovale. Ses pieds sont droits, fuselés et cannelés, souvent terminés par une petite toupie. Le décor s’inspire de l’Antiquité : perles, rubans, feuilles d’acanthe.
Pour la réfection : garniture traditionnelle avec des bords nets, souvent finie par un galon ou des clous.
La bergère
Apparue au XVIIIe siècle, la bergère est le fauteuil du confort : profonde, avec des joues pleines (les côtés sont garnis entre l’accotoir et l’assise) et un coussin d’assise indépendant. Il en existe de toutes époques, Louis XV, Louis XVI ou plus tardives. La bergère à oreilles, dite aussi « à la confessionnal », possède des joues sur le haut du dossier pour protéger des courants d’air.
Pour la réfection : un travail important, avec beaucoup de surfaces garnies et un coussin à confectionner. Prévoir un métrage conséquent.
Le Voltaire
Malgré son nom, le Voltaire n’a pas été conçu pour le philosophe : il apparaît sous la Restauration, au début du XIXe siècle, bien après sa mort. On le reconnaît à son dossier haut et légèrement renversé, cintré en partie basse pour soutenir les reins, et à ses accotoirs en crosse. Il était fait pour la lecture et le repos.
Pour la réfection : dossier garni sur une grande hauteur, assise à ressorts. Velours, tissus chinés ou unis lui vont particulièrement bien.
Le crapaud (Napoléon III)
Bas, large et trapu, le crapaud est entièrement garni : on ne voit presque plus le bois, à part de petits pieds tournés, parfois sur roulettes. Typique du Second Empire, il est souvent orné de capitons, de franges ou de passementeries.
Pour la réfection : garniture traditionnelle à ressorts, très enveloppante. Le capitonnage demande un tissu souple et un travail minutieux.
Le fauteuil bridge
Petit fauteuil apparu dans les années 1920, au moment de la vogue du jeu de bridge. Il a une assise basse et confortable, des accotoirs garnis ou en bois, des proportions compactes qui le rendent facile à placer dans un salon ou une chambre.
Pour la réfection : garniture traditionnelle ou mousse selon sa construction. Il se prête à toutes les audaces de tissu.
Le fauteuil club
Né au début du XXe siècle dans les clubs anglais puis devenu emblématique des années 1930, le club est massif et arrondi, classiquement recouvert de cuir, avec une assise profonde à ressorts. Ses petits cousins en tissu sont aussi très recherchés.
Pour la réfection : reprise de la suspension, garniture en mousse ou traditionnelle, couverture en cuir ou en tissu.
Et les sièges contemporains ?
Fauteuils scandinaves, sièges des années 1950 à 1970, chaises de designers ou achetées en grande enseigne : ils peuvent tous être refaits. Leur construction, souvent pensée pour la mousse, oriente la technique. Pour comprendre les différences, lisez garniture traditionnelle ou mousse.
Vous hésitez sur le style de votre fauteuil ? Envoyez des photos de face, de profil et des pieds à l’atelier SOFA. Corinne Mathiot vous aidera à l’identifier et vous proposera la réfection la plus juste. Découvrez aussi les étapes d’une réfection complète.


